Ils trinquent à notre santé

Publié le par Claire Séverac

5224825316_720a446d27.jpgSouvenez-vous. Lors de la « pandémie » de grippe A, des experts scientifiques nous recommandaient urgemment de nous faire vacciner. Rien d’étonnant à cela : tous ces médecins roulent pour l’industrie pharmaceutique.

On parle d’été indien mais l’hiver arrive, et, jusqu’à preuve du contraire – c’està- dire le remaniement ministériel –, Roselyne est toujours embusquée avec sa seringue vaccinante. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) va-telle nous refaire le coup d’une alerte de niveau 6 pour le virus H1N1 ?

organismes dépendants

Officiellement financée par ses 193 États membres, l’institution avoue que cette contribution est nettement inférieure à celles de l’industrie pharmaceutique, des ONG et des fondations telles que la Bill and Melinda Gates Foundation et la Rockfeller Foundation. Il n’y aurait donc rien de très surprenant à ce que l’organisation mondiale hurle à la pandémie quand les caisses des labos se vident un petit peu : les vaccins assurent 98 % de leurs bénéfices.

En France, un rapport du Sénat dénonce la proximité entre l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) et l’industrie pharmaceutique. En 2003, les ressources de l’agence provenaient, pour 83 %, de l’industrie pharmaceutique et, pour seulement 6,4 %, de l’État. Aux États-Unis, l’indépendance de la Food and Drug Administration (FDA) est à peu près semblable à celle de son homologue française. Exemple avec l’aspartame, l’édulcorant artificiel. Au départ, la FDA refuse de mettre ce produit sur le marché. Miracle, quand Donald Rumsfeld, PDG de Searle, une filiale de Monsanto qui produit le faux sucre, est nommé ministre par Ronald Reagan, la FDA trouve que se sucrer ainsi est finalement très bon.

Plus tard, redevenu PDG, on retrouve le même Rumsfeld développant le Tamiflu, qui fait un bide financier et médical jusqu’au moment où, l’homme étant nommé secrétaire d’État de George W. Bush, les instances déclarent le Tamiflu médicament miracle contre toutes sortes de pandémies de grippe qui menacent le monde, dont le H1N1.

recherche financée

Comment s’étonner que la rigueur de ces agences n’ait pas, parfois, un peu de mou dans la corde à noeuds ? Même le président de la commission d’autorisation de mise sur le marché (AMM) des médicaments déclare avoir des liens d’intérêts avec trois laboratoires ; le directeur de l’École des hautes études en santé publique est membre du conseil d’administration des Entreprises du médicament et sa femme fait partie de la commission de l’AMM. 

Que ce soit pour les THS (hormones de substitution prescrites à la ménopause), la prise en charge d’Alzheimer, le développement des psychotropes, le vaccin contre l’hépatite B, l’étude EDiTH qui veut démontrer le bien-fondé du Gardasil, ce vaccin contre le Papilloma, ou le H1N1, trop d’intervenants ont des liens avec des firmes intéressées à la commercialisation de ces produits. Notons que ces liens ne se traduisent pas forcément par des avantages directs et personnels : ils peuvent prendre la forme d’une aide au financement de la recherche scientifique.

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Avoine

liens avérés

Revenons au H1N1. Le comité Sage (Strategic Advisory Group of Experts), qui « conseille » l’OMS, était, à la veille de la « pandémie », composé de quinze scientifiques, dont trois rémunérés par les laboratoires : Juhani Eskola, qui travaille pour Novartis et GSK, Peter Figueroa, professeur à la faculté de Kingston, qui a reçu une allocation de recherches de Merck, et Malik Peiris, qui émarge à la fois chez Sanofi, Baxter et GSK. Tous des fabricants de vaccins.

Toujours à l’OMS, au comité de vaccination contre la grippe A, deux des experts ont des liens avérés avec les mêmes industriels : le Britannique Neil Ferguson, professeur de médecine à l’Imperial College, rémunéré par Baxter, GSK et Roche, et le Néerlandais Albert Osterhaus, le médecin de référence sur l’épidémie aux Pays- Bas, actionnaire majoritaire de Viroclinics, une société de biotechnologies développant les vaccins, antiviraux et traitements contre la grippe A.

vaccin des saints

En France, Roselyne Bachelot est conseillée par le comité de lutte contre la grippe. Parmi ces dix-sept experts, nommés sur décision de la ministre, six, en 2009, avaient des liens financiers avec des laboratoires : Jean- Claude Manuguerra, président du groupe, chercheur à l’Institut Pasteur, est aussi poulain de Roche ; Jean-Louis Bensoussan, directeur des groupes régionaux d’observation de la grippe, est dans la même écurie ; Sylvie Van der Werf, chercheuse à l’Institut Pasteur, roule pour GSK ; Brigitte Autran, professeur de médecine à la Pitié-Salpêtrière, pour Sanofi-Pasteur ; Catherine Weil-Olivier, pédiatre, est liée à Sanofi, GSK et Roche ; Jean Beytout, professeur de médecine à Clermont- Ferrand, à Novartis…

Petit retour vers l’OMS, où un second comité technique est chargé, lui aussi, de donner des avis à Margaret Chan, la secrétaire générale de l’organisation, sur l’évolution de la pandémie grippale. Il est dirigé par le virologue français Bruno Lina, qu’on a vu au côté de Bachelot nous pousser sans relâche à la vaccination. Le Dr Lina est aussi le président du comité scientifique du Groupe d’expertise et d’information sur la grippe (GEIG) et, à ce titre, expert officiel du ministère de la Santé français.

Cette association est financée à 100 % par cinq laboratoires qui fabriquent des vaccins contre la grippe. Son directeur général n’est autre que Bertrand Verwee, le directeur marketing de Sanofi Pasteur MSD, le département vaccins du géant pharmaceutique français, qui finance 50 % du budget annuel du GEIG. Le reste est réglé par quatre autres laboratoires également producteurs de vaccins contre la grippe : GSK, Novartis, Pierre Fabre et Solvay. Dis, Tonton, pourquoi tu tousses ?

Claire Séverac

Publié dans Complot

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